Les Nouvelles de RATAFIA

Les Nouvelles de RATAFIA

84 : Les nouvelles de RATAFIA de janvier 2016

Les Nouvelles de RATAFIA n° 84

3 Janvier 2016

 

 

 

"Un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle...

mon parrain "Cap au 240", alias Jean-Pierre Le Hebel,

vient d'appareiller pour sa dernière navigation vers ces mers toujours sereines "là où tout n'est qu'ordre et beauté, luxe calme et volupté"...où il retrouvera sa Captive Sylvie.

Avec lui, ancien 1er Substitut, ancien chef d'entreprise, ancien Grand frère de la Table, ancien président du Yacht Club de Tahiti, c'est une part de notre mémoire qui disparait.

 

Je suis triste de son départ car il n'a pas fini son œuvre maîtresse, ni le livre commencé sur l'histoire du YCT. J'ai eu le privilège d'en lire une trentaine de pages entre le YCT et la passe  d'Arue....

Il a aussi écrit un livre sur la Justice en Polynésie ..."Y a-t'il un Mur des Cons en Polynésie".

 

                                          Le voici lors de sa dernière réunion des Frères de Tahiti, au mois d'avril.

 

1 Frères de la Côte Tahiti.JPG

 

 

 

 

Les Nouvelles 83 vous laissaient l'année dernière à notre arrivée à Gambier

Maintenant fêtons l'an neuf…

Ia orana i te matahiti api,

Bonne Santé et Heureuse Année à toutes et à tous (Bis répétât mais cela ne peut pas nuire !).

 

 

 

D'abord quelques informations générales...           

            Notre situation météo a beaucoup évolué en quelques semaines. L'épisode El Nino s'est effondré. Les 2 anticyclone de Kermadec (à l'ouest) et de l'Ile de Pâques ( à l'Est) ont repris leurs places respectives. Entre ces deux meules, un couloir dépressionnaire (la Zone de Convergence du Pacific Sud) dans lequel circule des dépressions (qui peuvent être plus ou moins fortes malheureusement) mais pas d'origine cyclonique.  

    C'est le cas ces jours-ci où nous attendons le passage de dépressions successives assez près de Gambier.

 

 Conséquence: nous sommes revenus à Rikitea, mouillage le plus "tous temps". Il nous faut attendre que cette ZCPS veuille bien se pousser un peu plus, vers l'Ouest de préférence...

            Avantage: la température s'est nettement améliorée : 28° au moment où j'écris ces lignes

 

L'art de ne rien faire...et ses  surprises...

            Je vous l'ai dit dans les Nouvelles 83,  notre premier travail a été la remise en ordre de Ratafia pour un éventuel départ vers le large au cas où...C'est chose faite. Le gréement et les voiles ont été soigneusement inspectés. Pas de surprises de ce côté-là. Ce n'est pas le cas de notre camarade Patrice en partance pour l'Alaska: il a trouvé des torons cassés sur l'étai et les galhaubans...à changer le gréement ! A Gambier c'est plus facile à dire qu'à faire.

 

            A la mi- décembre, nous sommes descendus dans notre mouillage préféré, dit  "Patito", entre les îles de Taravai et Agakauitai. Denise & Edouard ont loué leur maison et vivent maintenant à Tahiti. Dommage pour nous...mais il reste ce mouillage magnifique. Le temps s'y est arrêté...

Ratafia se place encre le banc de corail et un haut fond. Cette place n'est jamais convoitée.

 

            Au début de l'année 2015, nous avons changé les panneaux solaires qui ne donnaient plus suffisamment. (voir plus bas le couplet technique). En attendant de s'équiper d'un régulateur performant de type "MPPT", j'ai gardé notre vieux régulateur qui fonctionnait correctement et qui suffisait: 20 A pour 180W. En plus, un "by-pass" permet de le shunter pour augmenter la tension à 14, 2 V (ce qui remplit mieux les batteries).

Ce régulateur, comme celui de l'éolienne, est logé dans le coffre arrière, à l'envers des dossiers du cockpit. On ne peut le voir et l'atteindre qu'en rentant dans le dit coffre, après l'avoir vidé...

            J'avais remarqué que l'inverseur (prévu  pour 10 A)  qui commande ce by-pass chauffait légèrement. En mal d'activité, je suis allé le voir pour le remplacer par un 30A.

...veni, vidi...et ressorti du coffre, car voilà ce que j'y ai vu:

            A la réflexion, j'avais remarqué au cours du voyage que l'ampèremètre des panneaux n'était pas "généreux" quand le régulateur était en service. L'éolienne travaillant bien, je n'y avais pas prêté attention.

                        A 6 mois près, je suis donc incapable de dire quand cela s'est produit.

 

Comme ce régulateur est fixé sur un support en bois,  inutile de vous dire notre peur rétrospective. Si le feu avait pris, nous l'aurions su quand la fumée ou les flammes sortaient du coffre!!!

 

 

Merci à l'ange gardien de Ratafia !


 


Voici l'intérieur: le feu à fondu la gaine du domino, endommagé celle des deux voisins et sectionné la patte de cuivre reliée au circuit. A moins que ce ne soit cette patte qui, s'étant cassée, l'aurait provoqué...

    On pourrait penser que c'est le fil mal serré sur le domino qui  a provoqué un échauffement. Ce n'est pas le cas: le fil qui s'est sectionné en fondant est bien serré à l'intérieur du domino. C'est cette  cassure du fil  qui a coupé le courant.

 


 

Pour comparer, voici l'intérieur du régulateur  neuf qui était à bord par sécurité...

Quelle que soit la raison...

... nous l'avons échappé belle !

 

Et maintenant...        

            La réponse est simple: continuer à attendre, le plus agréablement possible, la fin de la saison cyclonique. La probabilité  qu'un météore nous oblige  à fuir vers le large est devenue faible...ainsi soit-il !

           

Courriers, mails et autres...

            Nous sommes  bien à Gambier...autrement dit au bout du bout du monde !

- Pas de courrier "papier": en période de fêtes, l'avion étant plein,  il n'emporte pas de fret postal.

- Internet a toujours un débit prostatique, tellement même que ces jours-ci c'est le souci des bateaux qui ont besoin de se connecter pour des problèmes divers genre commande de câbles ou d'assurance.

- Pour le moment, l'émetteur d'Aukena ayant été réparé, le téléphone portable (Vini)  fonctionne correctement y compris sur Akamaru...pourvu que cela dure !

- Nous pouvons donc recevoir nos mails par le routeur Vini, pas très vite mais ça passe.

- Heureusement,  il nous reste Sailmail,  pour pouvoir toujours  ouvrir notre courriel (sans pièces jointes et avec les restrictions que nous vous avons déjà expliquées).

 

Santés...

            Sous peine de vous lasser car il y a plus malheureux que nous,  et pour ne pas rejoindre les "Tamalou" et autres "Gémala", disons que tout va normalement.

La preuve: tellement content d'avoir fait un assez gros effort, mon bras gauche est gonflé d'orgueil...

            Plus drôle: en crapahutant dans la forêt, je n'ai pas vu la branche cassée...et me suis bien "estafilé"  le front... chance:  j'ai loupé l'œil !

 

                                                                 Bises et affectueuses pensées à toutes et tous.

                                                                                              Encore une fois Bonne Santé

                                                                                                          Jane & Marc

                                                                                              Rikitea  23°06 S / 134°58 W

 

 

 

Les Ratafia arrivent pour réveillonner sur "Rangiroa"...

 

 

Couplet technique pour ceux que cela intéresse.

 

            Avec la généralisation de l'informatique, les besoins en électricité augmentent.

Sur la plupart des bateaux de voyage la production d'électricité se fait par des panneaux solaires, assistés par une éolienne (voire deux).

            Pour l'éolienne, peu à dire. Suivant les modèles et le support elles sont +/- bruyantes. Leur vieillissement est faible.

            Ce n'est pas le cas des panneaux solaires. Passé 8 ans, leur puissance diminue notablement. Je n'ai pas fait de mesures précises, seulement des observations.  J'aurais tendance à dire que, passé 10 ans, la puissance d'un parc est quasi divisée par deux. Nous sommes partis de métropole en 1996, avec une éolienne "Aérogen 6"  et un parc de panneaux solaires de 90 Watts. En 2007, après la pose du réfrigérateur électrique, j'ai monté un panneau de 130 Watts. Au début c'était bien. En 2015 c'était devenu insuffisant,  j'ai ajouté 4 mini panneaux de 10 W chacun et acheté un panneau mobile de 36 W chez SOLARA que je déplaçais à la demande. Je viens de monter un nouveau panneau de 180 W. Le Solara lui,  a rendu l'âme prématurément: l'un  des deux circuits ne donne plus rien sans que j'aie vu la panne...

            Si l'on veut parler écologie, je pense qu'au total de leur vie, les panneaux solaires sont loin d'avoir restitué l'énergie totale nécessaire à leur fabrication !

            Nous n'avons pas le choix, mais il faut admettre que ces panneaux, c'est aussi du consommable...

 

 Régulateurs: Pour charger complètement une batterie  il faut lui fournir plus que sa tension nominale. Par exemple, pour bien charger une batterie de "12 V",  il faut lui envoyer un courant de plus de 14 V. Mais pour ne pas l'endommager, une fois pleine il faut redescendre vers 13,3/13,5 V.

            Les régulateurs classiques régulent (c'est-à-dire coupent le courant) vers ces valeurs et donc les batteries ne sont jamais complètement chargées. Les régulateurs de type "MPPT" (Maximum Power Point Tracking) ajustent la tension à la charge à celle de la batterie.

            Pour un parc "en 12 V", l'idéal actuel est de monter des panneaux 24 V (bien moins chers que les 12 V car plus répandus) et un régulateur MPPT qui va choisir la tension optimum pour le parc, avec un rendement acceptable.

            Ce sera la prochaine modernisation de Ratafia. Je ne l'ai pas fait cette année car il me faudra refaire le support des panneaux.

 



04/01/2016
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