Les Nouvelles de RATAFIA

Les Nouvelles de RATAFIA

90 : les Nouvelles de RATAFIA de fin août 2016

Les Nouvelles de RATAFIA n° 90

Fin août  2016

 

Vive la rentrée...

            Comment cela "la rentrée".?.?. Si nous sommes en vacances perpétuelles, vous savez à travers ces Nouvelles de Ratafia que, vivant sur notre ( petit) voilier qui navigue, les moments d'entretien du bateau sont nombreux et que nos moments de véritables loisirs ne sont pas nettement plus nombreux que ceux de certains terriens... Pourtant  nous venons d'être en vacances d'écritures et de contrôles santé:

            En bref, après une bonne quinzaine à Maupiti  (d'où sont parties les Nouvelles 89) avec les amis, nous avons passé 3 semaines au calme à Mopélia.  Peu de bateaux (nous y avons été seuls la plupart du temps), cela nous a incités à faire des bricolages, entretien et rénovations sur notre vieille maison.

 

 

Reprenons...

            Le 14 juillet nous quittons le mouillage de Vaitia  pour nous rapprocher de l'aéroport où nous laisserons Eric le 15 de bonne heure. Les dramatiques nouvelles de France nous laissent atterrés.

            Ce monde devient fou et s'il reste quelques ilots de paix, il faut en prendre conscience, les préserver et se dépêcher d'en profiter...

 

            Redescendus  vers le village, nous faisons le "tam-tam" pour dire que nous embarquerons du fret pour Mopélia...et il y en a ! Chance pour nous, "Ylang-Ylang", un gros catamaran en partance vers l'Ouest, fait la même route et il embarque une  bonne partie des colis et glacières !

 

            Le 19 en début d'après-midi, "hisse le grand foc, tout est payé",  Ratafia sort de la passe et prend la route... pas sans souci: un brélage maladroit (par moi !) pour stabiliser l'ancre coince le bout de commande de l'enrouleur et le fait sortir du tambour où tout se coince...et il y a du vent ! Il me faut près d'une heure (et pas mal de jurons contre le c...  qui a fait cela) pour avoir tout remis en bon ordre.

 

1 Route de juillet aout.jpg

            Dans la nuit, le vent forcit à plus de 25nds. Avec ses voiles neuves, Ratafia file entre 6 et 8 nds,  je dois réduire pour ne pas arriver trop tôt.  La mer est "forte". Malgré tout, avant le jour, je mets les deux lignes à l'eau...il fait à peine clair quand les deux moulinets chantent "leur douce musique"...Mais à 7 nds, remonter un poisson n'est pas évident...et il y en  2... Belle bagarre, Janou tirée du lit s'occupe d'une canne et moi de l'autre... L'impression d'avoir accroché le fond de la mer me laisse penser à 2 thons...Si je suis heureux, je ne dirai pas que ce sentiment est pleinement partagé par l'équipage... Il fait complètement jour quand les 2 bêtes (17 et 20 Kg) sont à bord. Vidées sommairement car Mopélia arrive...

 

2 arrivée.jpg

 

       A 9h nous sommes mouillés  dans le Nord de l'atoll, devant chez Adrienne.

         Le déchargement commence et nous partageons un thon.

     Le deuxième sera pour nous, une partie à consommer fraîche, une autre pour relever le niveau du coffre à conserves.

 

 

Séjour à Maupihaa, nom tahitien de Mopélia...

            Depuis le temps que j'en parle, vous savez combien je suis heureux dans ce paradis. Après l'expulsion (oh combien illégale!) de nos amis Kalami et Sophie, nous avons boycotté cet atoll.

Les pages ont tourné, une nouvelle population s'est installée. Parmi les premiers, Marcello, maire délégué de Maupiti, et son épouse Adrienne, ont à cœur de restaurer la chaleur de l'accueil traditionnel que perpétuaient Sophie et Kalami. L'exemple est contagieux, et nous avons retrouvé cet atoll "hors du temps".

 

3 Mopelia.jpg

                                     Au début, notre position fut dans le nord où est la résidence principale de la famille de Marcello.

 

    Le 25 juillet, vent étant revenu au SE frais, nous sommes descendus plus au sud où Ratafia a son corps-mort fabriqué il y a près de 10 ans.

 

   Dans cette partie sud vit une autre moitié de la colonie qui s'élève cette année à 19 personnes:

 Tino et Here,  Hina, Edgard, Antonio...et la 2ème maison de Marcello.

  Entre ces deux pôles il y encore quelque habitants non rencontrés.

 

 

 

            Trop à dire si je veux entrer dans les détails mais nous y avons passé 3 semaines dans la plus grande tranquillité, en échangeant avec les divers habitants nos connaissances respectives: eux pour traquer le kaveu ou la langouste, moi pour l'électricité ou le prêt d'un outillage manquant sur place ou hors service par absence d'entretien.

 

            Puissent ces images vous donner, peut-être, une idée de ces jours de franc bonheur...

 

4 Chez Harry.jpg

 

5 Chez Adrienne.jpg

 

6 Chez Tino.jpg

 

7 Fargues.jpg

            Le 11 août, un mollissement et une rotation du vent sont espérés... bien chargé de victuailles, Ratafia prend la route de retour vers Raiatea, au moteur car le vent est pile de face. Vaines espérances, et notre "fifty-fifty" fera toute la route en 26 heures de moteur. Pas glorieux mais efficace!

Il y a deux difficultés pour Maupihaa: la première c'est d'y rentrer, la deuxième c'est d'en revenir !

8 Raiatea.jpg

                                                         Avec Pierre Christine et Gilles, dégustation des victuailles le soir même de l'arrivée.

            Gilles, alias Kave'u, est le Frère qui m'a donné un grand coup de main l'an passé pour repeindre le pont. Je lui ai fait cadeau de notre ancienne BLU pour qu'il puisse recevoir les bulletins météo quand il est seul à Mopélia. Il restait à brancher ce poste. C'est chose faite.

 Nous profitons des amis d'ici avant de repartir vers Arue, sans doute dans le WE ou début de semaine, avec un espoir de conditions plus faciles.

 

La fin du retour...

            Pour finir notre périple "hivernal", la météo n'aura pas été plus clémente ...La rotation du vent au NE à N prévue n'aura pas lieu et ce sera un retour au louvoyage dans la brise qui se terminera au moteur quand le vent refusera en grand !

            Bilan: un peu plus de 400 milles à la voile et près de 200 au moteur, 4 nuits en mer...

 

 

Les Projets...

            Avant novembre et le départ dû à la saison cyclonique, il reste a résoudre le problème de l'annexe qui termine sa vie: soit on la change, soit je retape l'actuelle mais c'est un combat d'arrière garde...Le frigo réclame aussi une révision...

            et...il en est de même pour  le poignet gauche de ma Jane !

 

Seule sortie prévue le Boucan de Navigation des Frères de Tahiti prévu à Moorea le 1er octobre

           

Courriers, mails et autres Skype...

            Préparez-vous, aiguisez vos crayons, astiquez vos micros, nous sommes revenus à Arue: vous pourrez écrire ou parler  à volonté!!!

 

 

Compléments...

9 Voiture de Kalami.JPG

Retrouvée dans la brousse, la première voiture de l'île importée par Kalami vers 2009.

       Après son départ elle fut l'objet de pas mal de "pea-pea", autrement dit "chicanes" dignes de Cloche merle...avant d'être abandonnée définitivement.

 

10 Kave'u.JPG
       

           Pour ceux qui ne connaissent pas, voici, sur une photo de 2004, un beau  kaveu , ce crabe de cocotier dont je vous parle assez souvent.

 

    Vous pouvez voir que c'est une bête impressionnante.

 

Il en existe des bleus comme celui-ci, ou des rouges...mais quand ils sont cuits ils ont tous la même couleur!

 

            Bises et amitiés à toutes et tous.

                                                                                                          Arue le 24 août 2016

                                                                                                                      Jane&Marc

 

 

 

Digest sur la "coprah culture", gagne pain des atolls....

            Le  coprah, amande de la noix de coco, est une base industrielle. on en extrait des  matières premières pour les crèmes dites de beauté (genre Monoï) ou des produits alimentaires (genre margarine).

            La récolte du coprah est la seule ressource des habitant de Mopélia, comme de beaucoup d'autres atolls des Tuamotu. Le prix élevé du coprah polynésien (7 fois supérieur au cours international),  est destiné à donner un revenu aux populations de ces îles afin de les y fixer pour éviter un afflux sur Tahiti déjà sursaturée (merci la France !).

    Pour ceux qui n'ont pas la chance de venir ici, je veux présenter cette activité et son évolution.

 

La cocoteraie:

11 cocoteraie 1.JPG

Vus du lagon: 3 étages de cocotiers.

 

    Les plus hauts sont les plus vieux, survivants des  cyclones de 1983 et 1993, leur productivité est moyenne.

    Les plus nombreux sont des plus jeunes, en pleine force de production.

    Les tout jeunes sont encore nains (en bas à droite).

 

12 Cocoteraie 2.JPG

     Dans la majeure partie des lots actuellement attribués, la végétation inférieure a été  réduite pour laisser plus d'air et d'eau aux cocotiers.

En plus cela facilite le ramassage des cocos, qui se fait maintenant par voiture,  remorque, ou  tracteur municipal

 

 En bas à gauche, "la route" qui longe tout l'atoll. 8Km !   l y a quelques années ce n'était qu'un sentier...A quand le péage ?

 

Par comparaison, voici la cocoteraie dans une partie qui n'a pas été nettoyée

 

13 Brousse.jpg

 

 

La germination

14 germination.jpg
 Germination:

Le coco a un pouvoir germinatif important. Il peut attendre ou flotter plusieurs semaines.

 Là où il est stable, il prendra racines puis poussera sa première feuille .

 

 

Ramassage:

15 cocos.jpg

Il se fait à la main ou  à la brouette.

 1 de petits tas sont constitués. Autrefois l'extraction de l'amande: le "détroquage" avait lieu sur place, ce qui laissait à manger pour les kaveu.

2 Maintenant cela se fait à proximité de la maison et du séchoir. C'est moins bon pour la biodiversité.

 

16 Détroquage.JPG

Le Détroquage ou extraction de l'amande du coco:

            La noix est fendue en deux à la hache. Assis sur un petit banc, le travailleur utilise un outil personnel genre spatule courbe, pour sortir l'amande (le coprah) de la bourre .

    C'est tellement dur que cela fait partie des sports traditionnels polynésiens !

     Cette photo a été prise à Maupiti lors d'un concours.

C'est (un peu)  moins dur si on laisse la noix fendue sécher un jour et cela donne à manger aux crabes.

 

17couteau.JPG

Voici l'outil en question. En général taillé dans une lame de ressort de voiture, chacun le façonnant "à sa main". Celui-ci est rouillé car je l'ai trouvé dans le sable.

 

 

Séchages:

18 séchoirs.jpg

            Pour se conserver plusieurs mois,  le coprah sera trempé dans de l'eau de mer puis séché au soleil et au vent. Il n'aime pas la pluie ni l'humidité de la nuit.

 

 Voici l'évolution des procédés des procédés que nous avons vus successivement en 16 ans.

Une fois sec le coprah est stocké jusqu'au prochain bateau...qui vient s'il y a au moins 40 tonnes à enlever. Compter 2 voire 3 voyages par an.

Entre temps, Mopélia n'est ravitaillé que par les voiliers ou les bateaux de pêche qui viennent de Maupiti ou de Bora-Bora .

Le chargement se fait à dos d'homme, mais le poids des sacs est maintenant limité à 30Kg. Il y 10ans, c'était des sacs de 75kg...

                                                                                                          Fin du digest.                               



25/08/2016
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