30 : Les Nouvelles de RATAFIA janvier à mars 2009
Les NOUVELLES de "RATAFIA" n°30
Janvier à mars 2009
Pour cause de non accès possible au blog depuis Gambier, cette Nouvelle couvre tout le premier trimestre de cette année 2009. Alors reprenons-la au commencement…
Ia orana i te matahiti api…Kung Hi Fat Choy… autrement dit
Bonne santé et heureuse année à toutes et à tous.
Et si nos vœux sont si tardifs, c'est que nous sommes à Gambier…
Les Nouvelles 29 parties, nous avons quitté Raivavae le 9 décembre, en direction de Gambier. Nous avions espéré, encore cette année, repasser par Rapa. Notre trop longue escale à Raivavae, et un créneau MTO étroit nous en ont dissuadés.
La route directe est de 600 milles, pratiquement plein Est, c'est-à-dire face au vent dominant. Un passage dépressionnaire s'annonçait et nous avions une bonne probabilité de route directe…Pas de quoi hésiter dans ces coins où l'on sait une mer parfois assez dure…relire les Nouvelles n°3 et n°13…
Et de fait, nous avons fait la route en 5 jours, tout sur un bord, un peu mou au départ, plus musclé ensuite. Un petit thon à la sortie du lagon nous procurait de quoi vivre au cas où les réserves auraient été en manque.
J'ai choisi d'orienter la route plus Nord que nécessaire pour passer, à 24 h de l'arrivée, sur un haut fond que m'avait enseigné feu "Papa Louis" (cf Nouvelles n° 19). Manœuvre payante car en quelques minutes nous avons embarqué 3 belles bêtes…12 et

Une fois les thons débités, les conserveries Ratafia ont fonctionné toute la journée.
Filets à mariner avant séchage, la nouvelle recette "de Guitou", en vinaigrette au frigo (voir à la fin), et suivant nos habitudes conserves stérilisées.
Vous voyez le stérilisateur Lagostina en action…et compte tenu de la mer son amarrage sur le réchaud…ce serait dommage de le voir basculer !

Le stérilisateur Lagostina est du même format que l'auto cuiseur de

Dans l'archipel de Gambier…
Pour que vous puissiez nous y suivre, revoici un plan de cet archipel où c'est notre 6ème séjour.
Enchâssé entre deux collines couvertes d'herbe rase, avec des bosquets de sapins, il a un air de Norvège.
Très calme, bien protégé et de bonne tenue, de l'eau claire et des coraux magnifiques, c'est l'un de mes mouillages préférés et les amis n'en revenaient pas.

Pour accueillir Capt'ain Punch, nous prenons la direction de Rikitea dès le 16 et faisons nos salutations et formalités. Nous commençons à y être connus et les rencontres se font avec effusions. Nous avons même droit à une bouteille de muscat, en cadeau de bienvenue de la part d'Edmond, la boutique d'alimentation tenue, bien sûr, par un chinois.
Malgré la crise de la perliculture qui s'ajoute à la crise mondiale, la première impression est que rien – ou presque- n'a changé, et que l'opulence est encore présente. A preuve: à cause de la nouvelle réglementation qui interdit les passagers dans les bennes, tous les 4x4 sont maintenant des "doubles cabines" neufs. Tant mieux pour les habitants, et que cela dure…
Le début de l'année…
Finies les fêtes…En voici deux images.
Jean-Pierre et Armelle, dans le mouillage de Totegegie, savourent le bonheur d'êtres là,

l'autre se passe de commentaires !

Le début de l'année nous revoit sur l'île de Taravai ,
Soit, dans notre mouillage préféré de Agakauitai (il faut prononcer toutes les voyelles!)

Soit, de l'autre côté de la photo, dans la cuvette devant le village, hélas un peu ouverte au vent et au clapot.
Voici ce 2ème mouillage, encombré de bancs de corail (premier plan).
En vue de son démâtage, "Ratafia" est à couple de "Diana", "Alibi" viendra de l'autre côté.
Le mouillage de Agakauitai est derrière le gros rocher noir appelé "King-Kong" !
La maison de Didier et Dom est sur la droite de l'image, et le village derrière vous !

L'église de Taravai, et son presbytère précédé de son porche. Sous la houlette du Père Laval, les habitants des principales îles ont sorti des tonnes de corail (favorisant ainsi le développement de la ciguaterra!) pour ériger ces belles constructions…très controversées maintenant.

Didier et Dom sont arrivés, avec Diana, à Gambier il y a 5 ans. Depuis ils ont mis sac à terre, louent une maison et se sont faits maraîchers. Le bateau, en acier, déjà ancien et délaissé depuis, n'est plus navigable. Avec Jean-Pierre, nous avons donné un coup de main à Didier pour démonter tout ce qui peut l'être…Ce travail peu agréable, dans une coque colonisée par les guêpes, a été bien compensé par de bons moments à terre…où c'était le début de la saison des avocats.
Une autre raison de notre venue à Taravai (s'il en fallait une) est de préparer "Tatahi" pour l'arrivée de ses légitimes propriétaires, Bernard et Françoise, encore en mer à ce moment. Tatahi c'est la barque faite ensemble il y a 3 ans, et qu'un malade nous avait alors incendiée…Rien de bien grave à faire: recoller les raidisseurs du fond, et refaire la peinture sous-marine.
En plus, avant la remise à l'eau que vous voyez ici, Bernard et Françoise feront à leur arrivée une belle peinture à la coque.

Bien évidement, dès la barque à l'eau, les deux compères que nous sommes Bernard et moi ont imaginé une sortie en mer pour voir ce qu'il y avait dedans…je parle de la mer, bien entendu; pas de la barque, ni de son moteur que nous avons mis 3/4h a démarrer (bille du tuyau d'essence collée).
… et voilà le récit de cette première sortie: un thon de

Contrairement à l'habitude en cette saison (à la mi janvier, c'est l'été), une période d'assez mauvais temps nous a ramenés sur Mangareva au mouillage de Rikitea, qui est le plus protégé. En outre, c'est la "capitale", avec les ravitaillements possibles.

Vu de la tête de mât, voici un panoramique d'environ 120°du mouillage (par beau temps). Bien qu'ouvert à l'est, le mouillage est abrité par les hauts-fonds du premier plan. En arrière plan les îles d'Aukena, au centre, et de Akamaru, à droite. Les constructions sur pilotis sont des "maisons de greffe". C'est là que naissent les perles qui ont fait la réputation des Gambier.
La nouvelle lune arrivant, malgré une MTO encore incertaine, Ratafia est monté dans le nord de l'archipel, vers Puaumu, qui par beau temps est magnifique.
Les autres bateaux nous y ont rejoints ensuite…Chance pour nous tous, le grand beau temps est aussi venu avec nous finir ce mois de janvier!
Voici Ratafia, le plus à terre (petit tirant d'eau), Pitcairn au centre et Alibi à droite, devant la pointe nord de Mangareva..

La vie dans le Nord…
Bernard en pleine chasse. Le poisson au bout de son arbalète est un "Humé taré", réputé comestible…En l'agitant les autres viennent voir de plus près…
C'est en remangeant sans doute trop de ces poissons de lagon qu'à la fin de notre séjour nous avons, Jane plus que moi, fait une rechute de ciguaterra, appelée aussi "Gratte" en Nelle Calédonie.…Aïe aïe !


Pour être honnête, je devrais vous montrer mes trouvailles à moi…Mais vous n'auriez pas de quoi rêver autant !
Alors voici la récolte de décapodes de Bernard, parti plus loin sur le platier.
A ma décharge, mes genoux n'apprécient que modérément ce genre de promenades; et je suis moins rapide à plonger sur ces bestioles qui ne se laissent voir que fugitivement.
Et tout cela se termine en pique-nique dans la cocoteraie…


Février…
Ressemblera à janvier:
- une partie sur Rikitea où nous profitons du passage de la goélette pour compléter les pleins de gazole, d'essence et de gaz. En se groupant à plusieurs, on achète directement des fûts de
- une partie dans les mouillages de la barrière.
Février, c'est aussi


Avec Tatahi, promenade sur les motu de la barrière, Mangareva est au fond à gauche, et Totegegie à droite.

Le 26 février se tenait à Tahiti l'Assemblée Générale des Frères de
Voici le résultat du vote !

Mars…
…ressemblera aux mois précédents. Le "plus" a été que, le retour sur Tahiti se précisant, avant la tournée des au revoir dans les différentes îles, il y a eu
Au travers de notre récit, vous pourriez croire que nous passons notre temps à bâfrer…rassurez-vous, c'est vrai, mais il y a quand même d'autres activités ! L'entretien du bateau se fait aussi, et à cet entretien régulier, il faut ajouter " de menus travaux".
Par exemple la confection d'étuis pour les focs. Pour protéger la toile de l'action destructrice des U.V. il y a, cousue sur la voile, une bande sacrifielle dite "anti-UV". Mais le changement périodique de cette bande coûte fort cher. Alors, pour les périodes de non-navigation, nous sommes revenus à hisser un étui qui protège la voile du soleil, et aussi de la pollution de la ville, quand nous sommes à Arue. Quand on sait que le grand étui mesurait 15m de long… vous comprenez que Jane s'est très habilement "exprimée" dans de beaux morceaux de bravoure dans le carré de Ratafia !
Un autre travail fut l'installation définitive du nouveau sondeur (l'ancien n'ayant pu être réparé en France, pour cause de matériel trop vieux). Nous avions bricolé une installation volante provisoire…qui risquait de s'éterniser. L'arrivée, grâce à Robert et Betty, du répétiteur extérieur tellement utile au barreur, a été le catalyseur. Seulement, pour passer le nouveau fil dont le diamètre de la prise est inutilement plus gros que l'ancienne il fallait démonter les ¾ de la table à carte, passer sous la cuve à eau (c'est là que le messager a cassé…) bref revenir sur une installation vieille de 28 ans ! Ouf ça marche, le matériel donne toute satisfaction et est bien plus lisible que l'ancien à éclats.
Le sondeur installé est le modèle "Clipper" de chez Nasa Electronique; dommage que je n'aie pas la même satisfaction avec leur récepteur BLU "Target" dont le maniement est loin d'être facile, et tient pour moi de la boule de cristal…
Le retour…
Le 14 décembre 2008 nous voyait arriver à Agakauitai. C'est de ce mouillage que nous sommes partis samedi 21 mars 2009, 10 ans à 2 jours près après notre arrivée aux Gambier et en Polynésie.
Depuis plusieurs jours,
Trop heureux même: la chasse s'avérant fructueuse, nous avons encore mangé de ce si bon poisson de lagon…Mais entre "poisson" et "poison" il n'y a qu'une lettre d'écart. Le matin du départ, Jane m'a annoncé quelle ressentait les symptômes de "
Quand on quitte les Marquises, il n'y a pas besoin de "remise en jambes", on remue dans les mouillages, parfois plus qu'au large. Ce n'est pas le cas à Gambier, et il faut une période de réadaptation! Pour l'équipage bien sûr, Jane et moi ayant maintenant une gratte prononcée, mais aussi pour le bateau (je ne parle pas des rangements bien faits avant l'appareillage). Dès le premier soir le pilote a montré un fonctionnement incertain, et le dimanche matin il a fallut se rendre à l'évidence et changer le vérin dans le coffre arrière…C'est-à-dire vider ce coffre, démonter les protections, désacoupler le pilote (toujours en faisant route sous foc tangonné) essayer le nouveau vérin, puis tout ranger. Heureusement pour nous, la mer n'était pas trop dure…
Lundi matin 22, le vent mollissant, c'est le spi qui monte et nous tire confortablement toute la journée.

Voyez comme il est beau !
Dans la journée, le vent ayant changé de direction, il faut empanner, c'est-à-dire changer le tangon (le tube horizontal) de côté. Je grée un 2ème tangon, ce qui facilite la manœuvre. A la tombée de la nuit nous décidons d'amener ce 2ème tangon "par sécurité" pour pouvoir rentrer les 110m² assez vite en cas de besoin dans la nuit. Manque d'entraînement ou fatigue, nous nous y prenons mal et le spi qui bat trop longtemps part en lambeaux. Sniff !
Vous ne le verrez plus !
Mardi 23, plus assez de vent pour le génois, c'est le moteur qui prend le relais, et c'est surtout au moteur que nous finirons la traversée. Il y aura de bonnes périodes de voile, mais jamais de journée entière, et pas vite. Par contre, confort grand luxe et courant à volonté pour les ordinateurs!
Un joli petit thazar s'est invité. Gratte oblige c'est en filets à mariner, puis à sécher qu'il sera transformé pour pouvoir en faire des cadeaux à l'arrivée.
Quel dommage de rejeter le foie qui est si délicieux à peine revenu dans de l'huile et de l'ail !!!
Samedi 28 à 13h, nous entrons à Arue avec un bon vent thermique dans les derniers milles! Aucun évènement à signaler depuis mardi. Indisposés par le moteur – 98h depuis Rikitea- les Tupapau (équivalent polynésien du Troll norvégien) ont sans doute quitté le bord.
Courriers…
Jane, officier radio du bord, a fait de gros progrès dans le maniement du Sailmail qui nous permet de voir à distance l'état de notre boîte e-mail et d'expurger ce qui est trop lourd. Comme déjà dit, et sauf exception, tout ce qui dépasse 300 à 400 K.octets est écrasé. Tant pis pour les photos trop lourdes, il faut les compresser!
Merci à ceux qui, pendant ces 5 mois, ont fait l'effort de concision demandé. Cela ira mieux quand nous aurons retrouvé la civilisation de "
La recette de Guitou…
Elle permet une semi-conserve qui a l'avantage d'être immédiatement disponible, et de ne sortir que ce qui sera mangé au repas.
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*Couper le poisson en morceaux assez gros (cubes d'environ 4 à *Faire revenir des oignons dans de l'huile (d'olive de préférence, mais on peut faire moitié moitié), avec des épices à volonté. Il faudra assez d'huile pour couvrir le poisson *Porter à ébullition *Ajouter les morceaux de poisson, et environ 1/3 ou ¼ de vinaigre *Reporter à ébullition *Nous conservons au réfrigérateur; pour consommer à la demande froid ou chaud. Peut-être le réfrigérateur n'est-il pas nécessaire. |

Jane&Marc LUCAS Tahiti 30 mars 2009

Commentaires
Fred et François site : croquepomme.over-blog.com | le 22/04/2009 à 03:28:15Coucou les amis,
Belles photos comme d'habitude, il va falloir qu'on y aille un de ces jours...
Bravo pour la belle pêche, ça aussi comme d'habitude, dommage que la gratte vous ait rattrapé !
Petit détail : comment peut-on revoir vos articles antérieurs au n° 12 ?
A bientôt avant votre départ en lointain pays français !
cogolino le 10/04/2009 à 12:10:24
Bonjour et merci de nous faire rêver avec ces superbes photos.
On a bien noté votre venue en France.
Apparemment très chargé....
Mais si vous êtes de passage dans le sud (le vrai sud ) : MARSEILLE , venez il y a toujours le pastis ici !!!!
Bises de Béatrice et Jacques.
Les Marie le 29/03/2009 à 18:25:07
Nous souhaitons vivement vous voir à L'Hostellerie Faroult pendant la première quinzaine de mai...si c'est impossible nous pourrions nous donner rendez-vous quelque part du côté de Caen...
JJJ
cogolino le 25/02/2009 à 21:56:10
Si vous êtes sur Tahiti au mois de mars
Si un cata (lagoon 47)TANGARA vous croise buvez un coup à notre santé avec nos amis alain Patou et les enfants
Béatrice et Jacques de Marseille