Les Nouvelles de RATAFIALes Nouvelles de RATAFIA n°25 Avril 2008Les NOUVELLES de "RATAFIA" n°25 fin avril 2008
la "petite" formalité… Annoncé dans le n° 24, sur la liste des travaux prévus il y avait une "petite formalité": le changement de gréement. Et bien voilà, c'est chose faite.
Les images suivantes vous montreront les différentes phases…mais pour commencer celle-ci vous montrera que programmé par raison pour ce gréement qui date de 1994, et a environ 60 000 milles, le changement n'était pas inutile Pour les non-techniciens, il faut préciser que les câbles du gréement sont terminés par des embouts. Le plus répandu est l'embout à sertissage fait avec une machine, qui écrase un manchon sur le câble. Pour moi ce type de sertissage n'est fiable à 100% que s'il est "éprouvé", soit par des essais sérieux, soit à la fabrication comme c'était le cas du "Sarma" qui équipait Ratafia depuis 1980; hélas Sarma ne travaille plus pour la plaisance…. Une autre solution est l'embout dit "manuel", dans lequel le câble est coincé mécaniquement. Ce type d'embout est plus cher, un peu plus lourd, mais beaucoup plus fiable car on peut le démonter et aller voir à l'intérieur assez facilement. Vous avez ci-dessous un raccourci des étapes du montage des embouts "Sea Ring" que nous avons fait venir de Nouvelle Zélande. Outre la facilité de changer ultérieurement le seul câble, ce type de montage offre la possibilité de travailler "sur place", en se servant des vieux câbles comme modèle sans avoir à produire des plans. De plus, comme c'est moi qui ai fait le travail, je n'aurais eu qu'à m'en prendre à moi-même en cas d'erreur ! Vous me voyez sur la table du carré, avec notice et outils, en train de faire mon premier montage. Pour les 19 suivants, j'ai trouvé plus simple de m'installer à l'atelier du club !
Au niveau des tubes des enrouleurs, pas de miracle, il faut faire le travail directement en place sur le ponton, et ces jours-là justement, le soleil tapait dur…
Les 11 câbles du gréement ont été successivement déposés puis remontés. Cela a demandé une vingtaine d'ascensions dans le mât bien facilitées par les marches…et par Jane qui fait suivre la chaise de calfat…
J'arrête là le couplet technique, mais si certains lecteurs souhaitent davantage de précisions, qu'ils n'hésitent pas à nous contacter( par le biais du blog). "vrais" touristes ! Un break a été fait dans le chantier car, comme annoncé aussi, nous avions prévu un retour à l'Ile de Pâques. Donc nous voilà à l'aéroport ce mercredi 9 avril avec appareils photos et bagages, fini le chimpanzé gréeur, bonjour les "vrais" touristes !
Difficile d'être bref sur cette île tellement envoûtante…Ce point du globe le plus éloigné de toute autre terre…Que les habitués des récits de Ratafia me pardonnent de reprendre un peu du "Sillage 11", mais rien n'a vraiment changé L'île de Pâques, nommée "Rapa Nui" (la grande Rapa) par les Polynésiens (par sa ressemblance avec l'île de Rapa) est une terre volcanique endormie, où la végétation est aujourd'hui pelée sur des collines arrondies qui annoncent clairement leur origine. De très nombreux cônes volcaniques, petits ou grands, donnent du relief au paysage. On peut s'y promener sans fin, en voiture sur les pistes, mais aussi à pied, ou encore à cheval, car aucun relief n'est insurmontable. On peut même faire des explorations souterraines dans les nombreuses galeries ( les « lavatubes ») abandonnées par les coulées de lave. Partout, un paysage superbe, dominant majestueusement la mer.
Très grossièrement, l'île est un triangle isocèle, le plus grand côté, environ 25 km, est face au S.E., un autre face au N.E., le dernier face au N.W. La baie de Hanga-Roa, la capitale, est sur cette face ; comme toutes les autres baies de l'île, elle est très ouverte et mal protégée de la mer. Si le vent vient de ce côté, il faut changer de mouillage...mais les autres sont ouverts à la longue et permanente houle d'Est. Différence avec 1999, la mer était calme, sans la grande houle qui, quand elle se lève, fait le tour le l'île et forme d'énormes rouleaux qui déferlent jusque dans la passe d'accès au tout petit trou entre les rochers qui s'appelle pompeusement « le petit port ». A 1 mille, existe un « vrai » port : Hanga-Piko, mais, entourée de déferlantes, l'entrée n'en est guère facile, et la houle peut y engendrer un ressac impressionnant. En 99, nous avions rencontré Patrice LEBERT et utilisé ses services de guide, nous lui avons demandé de l'être à nouveau cette année. Patrice est arrivé sur Rapa-Nui il y a 18 ans. Sa femme, Clara, est une pascuane authentique, elle lui a transmis sa connaissance de l'île bien sûr, mais aussi la tradition orale de l'histoire. C'est un guide passionnant de ce monde des « Pourquoi » et des « Comment ». Patrice LEBERT tel 00 5632 2 100 518
Comment et pourquoi les Polynésiens sont-ils arrivés ici, entre le 5ème et 10ème siècle de notre ère ; car il est certain qu'il y a eu plusieurs voyages ? Bien sûr ils avaient déjà, à cette époque, des pirogues doubles pouvant embarquer quelques dizaines de personnes, et pour de longs voyages qui n'étaient pas suicidaires, mais le niveau technique d'alors laisse songeur sur le positionnement..... On sait qu'ils avaient des cartes primitives pourtant assez précises (on passe facilement à côté d'une île...) faites de nattes où étaient fixés des coquillages, des os, des baguettes etc. pour représenter les vents, les courants et les récifs. On sait aussi qu'ils savaient utiliser la position des étoiles à leur lever ou à leur coucher. Quels navigateurs ils devaient être puisque le « triangle polynésien » va de la Nouvelle-Zélande à Hawaï et à Rapa-Nui ! Et qui étaient ces « Polynésiens » ? Pour certains, les habitants des îles d'Océanie sont un mélange d'éléments caucasiens, mongols, africains qui seraient venus par l'ouest et la Mélanésie. Pour d'autres, comme Thor Heyerdahl,, l'Océanie fut peuplée à partir de l'Amérique du Sud. Autant de questions...et les recherches sur test ADN actuelles n'apportent pas de réponses claires. A St. Pierre, en Martinique, nous avions déjà rencontré une atmosphère envoûtante et nostalgique, ici nous avons en plus un sentiment de mystérieux et d'oppressant, particulièrement fort quand on se trouve au pied d'un « ahu ». Les moaïs, ce sont ces fameuses statues, monolithes énormes allant de 4 à 21 mètres, pesant jusqu'à 100 tonnes pour le plus gros qui fut érigé ; et 250 tonnes pour le « Géant » encore dans sa carrière « natale ». On en dénombre plus de 900, dont 400 sont eux aussi dans cette unique carrière où ils ont tous été sculptés. On retrouve les « pourquoi et comment ». Le seul outil utilisé est le « toki »: un bloc de basalte tenu à la main. Une fois la statue formée sur le flanc du volcan qui sert de carrière, le moaï est détaché de la paroi, descendu, mis debout, et fini sur place (sauf les cavités orbitales qui ne seront creusées qu'une fois le moaï érigé sur son ahu final, où il aura été transporté). Chacune de ces étapes est une question. Les chercheurs ont fait preuve d'imagination, depuis les chemins de roulement sur troncs d'arbres, qui auraient été la cause de la déforestation de l'île, jusqu'au « Mana » cette mystérieuse puissance occulte capable de supprimer la pesanteur... mais aucune réponse n'est satisfaisante, comme le souligne Patrice : il faudrait d'abord savoir dans quelle position le moaï était transporté ? Chacune des communautés de l'île avait son ahu. Le ahu, c'est un autel : une plate-forme de pierres de lave taillées, comportant des cavités funéraires où étaient introduits les restes, sans doute desséchés ou calcinés, des notables de la communauté. Le ou les moaïs dressés sur l'ahu auraient été le vecteur du « mana » du chef, et son regard surveillait le village qui était à ses pieds ; ce qui fait que, sauf à une place, les moaïs tournent le dos à la mer. Car, et c'est une découverte récente, les moaïs, sur l'ahu, avaient des yeux ! La cornée était en corail blanc, la pupille en obsidienne. Ceux qui n'ont pas été érigés, abandonnés en cours de transport, ou qui sont encore à la carrière, n'ont pas d'orbite. Et tous les moaïs ont été abattus, de préférence face contre terre...on ne fait pas basculer un bloc de plusieurs tonnes avec une pichenette ! Pourquoi à une époque relativement récente, puisque Cook, La Pérouse, les ont vus debout, y a-t-il eu une telle révolution et remise en cause des valeurs passées ?
T.Heyerdahl parle de la révolte des « courtes oreilles », qui auraient été les esclaves, contre les « longues oreilles », ( les moaïs ont de longues oreilles) qui auraient été les descendants des colonisateurs polynésiens. A cette époque, ils auraient tous été occis - et mangés . Mais il y a au moins un moaï à courtes oreilles. Et, comme le souligne encore Patrice, un tel massacre aurait laissé des traces et des ossements. Or on ne trouve rien de tel. Alors ...pourquoi Le sort tragique et tourmenté des pascuans, et de leur terre, ne s'arrête, hélas, pas là. Au début du 19ème siècle, des missionnaires et des agriculteurs français étaient présents. Par 3 fois demande fut faite de placer cette île sous protectorat de la France. Par 3 fois, la demande fut repoussée, semble-t-il pour ne pas entrer en conflit ou en concurrence avec une certaine perfide Albion. Puisque aucune des « grandes » puissances ne s'y intéressait, les marchands d'hommes avaient quartier libre. Après les baleiniers américains, ce furent les Péruviens qui, en1862, avec 3 vaisseaux, vinrent faire razzia d'esclaves, les hommes pour leurs mines de guano dont le monde occidental devenait friand, et les femmes pour les bordels dont avaient besoin les navires baleiniers. On parle de 1000 déportés et presque autant de morts lors des « rassemblements ». Cet épisode tragique fut un génocide, car toutes les autorités royales ou religieuses disparurent, et avec eux la connaissance de l'écriture rongo-rongo, dont les quelques tablettes qui demeurent ne sont toujours pas déchiffrées.
Le cratère du volcan Rano Kau, haut lieu du culte de "l'homme oiseau", où les pascuans qui s'y étaient réfugiés furent massacrés par les péruviens en 1862. En 1880 il ne restait sur l'île que 111 pascuans ! En 1888, le Chili prit possession de l'île, et concession fut donnée à une société anglaise (tiens tiens...) qui y fit un élevage intensif de moutons finissant fort bien de faire disparaître toute végétation non herbeuse. Les habitants étaient parqués dans des réserves d'où ils ne pouvaient sortir, et l'absence de papiers officiels leur interdisait de facto tout départ vers l'étranger. Plusieurs évasions eurent lieu en direction de la Polynésie pour y dénoncer les conditions de vie…mais les frileuses autorités locales françaises renvoyaient au Chili ces sans-papiers rescapés d'une traversée pour le moins hasardeuse! Pour avoir une bonne idée des conditions de vie vous pouvez lire le livre "les Evadés de l'Ile de Pâques" de Marie-Françoise Péteuil aux éditions de l'Harmattan. Ce n'est qu'en 1965 que les Pascuans furent reconnus comme des humains et que leur fut accordée la nationalité chilienne, les papiers qui vont avec, et même le droit de vote en 1966 ! Aujourd'hui, Rapa Nui compte près de 3000 habitants, dont la moitié d'origine pascuane, et fiers de l'être. Le tourisme se développe à grands pas: plus de 10 000 visiteurs .Un aéroport international (construit par la Nasa comme piste de secours pour la navette), un avion tous les jours, parfois deux, 12 à 15 voiliers par an. Des routes, des écoles, un hôpital, et une petite base militaire, construits par le Chili.
Hanga Roa est une petite ville coquette et proprette, où est regroupée une grande partie de la population de l'île, où l'on trouve le nécessaire, et les souvenirs incontournables.
Voici une vue de la ville et de la baie. Vous voyez qu'elle n'est pas bien creuse ni bien protégée du large. Heureusement que les mohais de Tahai veillent Evolution politique: le gouvernement chilien qui s'était octroyé 40% des terres, a maintenant redistribué aux pascuans qui en ont fait la demande, une certaine quantité des terres annexées. Cela donne lieu à un morcellement, nouveau ici, et à un habitat plus dispersé. Dommage que certaines constructions récentes déparent un peu leur environnement… Nous sommes revenus à Rapa Nui non seulement pour revoir ce qui nous avait passionnés et que ces différentes photos vous montrent; mais aussi pour compléter notre connaissance de certains sites, du musée, et revoir les danseurs qui nous avaient enchantés au festival des Arts de Hiva Oa. Rano Raraku, ou la carrière des moais. C'est sur ce seul site qu'étaient taillés les moais, d'abord couchés puis redressés. Ensuite il étaient acheminés vers leur ahu final...mais dans quelle position ????
Certains, qui étaient presque complètement enfouis, ont été plus ou moins exhumés…d'autres pas.
Après le renversement des moais, et de la société qui allait avec, un nouveau culte, et un nouvel ordre social s'est développé: celui de l'homme-oiseau", incarnation humaine du dieu Make-Make. C'est du site de Orongo, au sud de l'île que partaient les compétiteurs qui devaient rapporter le premier œuf de sterne pondu sur les rochers que vous voyez. La détention de cet œuf désignait pour un an le clan dominant de la société. Le génocide de 1862 a marqué la fin de ce culte.
Voici le groupe Kari-Kari qui était venu à Hiva Oa en 2003. Ils se produisent le samedi soir dans un local sans prétention, dans une ambiance joyeuse, presque familiale. Nous y avons passé un bon moment et revu avec plaisir certains artistes "aériens". En remerciement, nous leur avons donné un CD de toutes les photos faites en 2003, par nous et par P&Dom Brisay de "Goémonour Bien que nous ayons encore beaucoup à dire, il faut que ces Nouvelles 25 restent d'un poids raisonnable. Alors pour les curieux allez regarder les photos que j'ai ajoutées à l'Album du blog. Et ceux que cela intéresse pourront trouver sur internet de nombreux sites concernant l'île de Pâques. Les projets… Il reste les révisions et le nettoyage annuel du bateau. Il est aussi prévu de repeindre la jupe. ...et puis il y a les imprévus comme aujourd'hui où le capot des WC m'est resté dans la main: plexi décollé au bout de 2 ans ! Sans oublier que nous attendons Alibi et Cap'tain Punch !
Merci à ceux qui nous ont fait un petit coucou ! Amitiés à toutes et tous Jane & Marc Arue le 29 avril 2008 Article ajouté le 2008-04-30 , consulté 144 fois CommentairesThérèse et Pierre le 30/04/2008 à 15:07:47Toutes ces photos sont au top. Nous avons cependant une préférence (très forte) pour le (la) moaï(s) au collier! Heureux de vous savoir l'ame vagabonde. Bisous de toute la bande. Francois et Frederique site : http://croquepomme.over-blog.com | le 30/04/2008 à 23:38:12 Salut les copains ! Bon pour le pot de goyave, c'est quand vous voulez... Bravo pour les travaux dans le mat, et le beau reportage de Rapa Nui. JOZ3 le 04/06/2008 à 05:28:43 Nous avons pris le Ferry Puerto Montt Puerto Natales. Cela vaut le déplacement! et une promenade Patagonie Chilienne et Argentine, le Volcan Chaiten nous a renvoyé à Buenos Aire où Joz3 nous attendait sagement. C'est l'hiver, vous connaissez? Nous sommes "gripados" Que les Moaïs vous protègent, qui leur avait rendu visite. BISES charlotte le 08/07/2008 à 10:07:46 bonjour jeanne, je viens de lire ton voyage sur l'île de pâques c'est très intéréssant gros bisous charlotte LiensRetour aux articles |