07 : Les Nouvelles de RATAFIA Fin Février 2006

Les Nouvelles de "RATAFIA" n°7 - Mars 2006

 

 

Quoi de neuf aux Marquises…

           

Puisque notre saison était marquée par le désir de "bien" naviguer, notre séjour marquisien était forcément prévu bref. Mais ainsi va la vie imprévisible des marins, voilà 15 jours que nous sommes à Hiva Oa. C'est le port le plus inconfortable de la Polynésie Française…et c'est celui où nous passons le plus de temps !

            D'abord, parce qu'il y a nos amis Sylvain et Sandrine et leur voiture, ensuite parce cette année une course de va'a V6 (pirogues à balancier ayant 6 rameurs) est organisée ce samedi 4 mars, et que c'est toujours un beau spectacle – sur l'eau et à terre -, enfin parce que nous avons sympathisé avec Philippe et Martine, de nouveaux arrivants avec qui nous partageons notre connaissance des lieux.

 

Les projets…

 

 

     Notre départ est prévu à partir du premier quartier de lune, après le mini-Festival des Arts Marquisiens qui à lieu à Tahuata du 5 au 8 mars.

 

     L'itinéraire n'est pas encore fixé, soit à travers l'archipel des Tuamotu et leurs mouillages tellement lumineux, soit en le contournant…pour le plaisir du large qui est pour moi  très grand.

 

Courriers et nouvelles…

 

            Notre prochaine touchée sera donc à Arue, où nous retrouverons, à nos adresses habituelles, téléphone et boîtes à lettres papier ou électroniques.

 

 

La Nouvelle de Domi…

           

            Vous le savez sans doute, contrairement à ce qui se fait sur certain bateaux, nous refusons une participation financière des invités (sinon ce ne sont plus des invités!). Bien sûr nous acceptons d'autres formes de remerciements, et parmi celles-ci, figure un récit du séjour à bord –sans aucune censure ni interdit. Voici donc ce que nous venons de recevoir de Domi et Jean, nos invités des Gambier.

 

                                   Amusez-vous bien !                             Jane et Marc      3 mars 2006

 

 

Bonne ou mauvaise Nouvelle !

 

 

Fugit irreparabile tempus !

 

 

Pour ne pas déroger à la tradition  ratafiesque, je vous ai préparé une « Nouvelle » recette de cuisine, domi-figue, domi-raisin, avec un gros geste d’amitié et un petit zeste de citron vert pour « digérer » le séjour comme dit Marc.

 

 

Pour ceux qui lisent la Dépêche, les Sillages et les Nouvelles depuis qu’ils existent, je ne ferai pas la description  historico-géo-politique de l’archipel des Gambier, Marc l’ayant déjà réalisé avec brio mais tenterai un petit texte humoristico-affectif puis une simple narration de notre séjour mangarévien.

En lisant la Dépêche de Georges, nous avions découvert l’homo-nauticus  et ses us et coutumes. Il existe aussi l’homo-nauticus-nauticus et ses petites manies. En voici deux exemples.

 

Sint ut sunt, aut non sint !

 

L’homo-nauticus-nauticus-Marcus est atteint d’ordinite galopante. Ce qui le rend peu disponible  mais très efficace de sa main droite pour manipuler les computers et leurs gadgets (Power-point, Zoom-browther, Tetris…) Si on l’observe bien, on remarque qu’il est relié à une espèce de rongeur à poils raz, collé sur sa dextre et dont il se sert quotidiennement. Il n’abandonne  jamais son  ag(outil) sauf en cas de pêche, chasse ou repas.

Pour naviguer dans le lagon, il l’utilise aussi. Pourquoi alors attend-il l’heure zénithale pour se déplacer puisque l’ordinateur est plus efficace que l’œil humain ? C’est ainsi que nous serons guidés  d’Akamaru à Totegegie, que nous porterons les amarres au quai du petit port de ce motu et qu’en jetant un œil sur l’écran à l’arrivée, nous serons confortablement installés… de l’autre côté du bassin… Exempli gratia !

Que cela ne m’empêche pas de te remercier, Marc, pour tout le temps passé à me graver des photos, des textes et des chansons.

 

 

L’homo-nauticus-nauticus-Janus est atteinte de protectionnite aigue. Elle garde férocement son coin-cuisine comme un repaire et le protège de toutes interventions extérieures.

Depuis le temps que je navigue et vu le nombre d’équipages variés auxquels j’ai eu affaire, je ne me souviens pas avoir été aussi exclue du partage des tâches domestiques à bord… C’est royal d’être servie mais cela devient gênant quand,  pendant dix jours, on ne peut que rarement partager les préliminaires culinaires pour atteindre ensemble les jouissances orgas(trono)miques.  Exception faite le jour de la confiture de citrons  !

Que cela ne m’empêche pas de te remercier, Jane, pour toutes tes attentions… culinaires, ménagères et autres.

 

 

Non licet omnibus adire Mangarevum !

 

                         Or donc, nous débarquons aux Gambier le mardi 24 janvier 2006.

 Jane et Marc, au milieu de la foule mangarévienne, patientent sur le tarmac de l’atoll de Totegegie, souriants malgré l’heure et demie de retard et l’attente en pleine chaleur caniculaire. Marc a soif, on comprend, et les bagages seront longs à venir, on re-comprend !!!

 

        Première surprise, le camion des pompiers, tout neuf, posé sur une barge, accoste au quai de la navette Tokani, bien après l’atterrissage de l’ATR72…façon carabiniers .

 

 

          C’est l’attraction du jour et….nous passons donc inaperçus !

 

L’embarquement dans  l’agrubarque  du quatuor et de nos quatre sacs se fait sans problème, direction Ratafia qui nous attend sagement dans le lagon à quelques encablures de là.

Le pot d’accueil et le joyeux repas de retrouvailles qui s’en suit nous plongent dans une bonne sieste réparatrice…nous étions levés depuis 3 heures du mat !

L’après-midi, nous allons marcher avec Jane entre lagon et platier le long d’un charmant sentier ombragé colonisé par les pagures (Bernard l’ermite) et quelques sternes blanches et noires. Plus tard, nous découvrirons, lors d’une chasse nocturne, que ces crustacés partagent le platier avec d’autres décapodes coralliens, à savoir, langoustes, cigales de mer et crabes « points rouges ».

Juste avant les réjouissances bachiques et culinaires , nous terminons cette première journée en allant nous tremper les fesses, pour une  toilette du soir,  dans ce magnifique lagon gambierien.

 

Le lendemain nous ferons du slalom entre les patates de corail et surtout la foultitude de bouées appartenant aux fermes perlières. Nous arriverons à Akamaru dans un mouillage idyllique près du cata-maison de Lucie et Bertrand. Ce couple nous recevra très gentiment à leur bord le lendemain midi. Après les agapes, -nazons non ciguatérés- quelle ne fut notre surprise de voir Lucie nourrir une énorme carangue des reliefs du repas !  Tandis que la bête s’approchait du bateau et ouvrait goulûment la gueule, Lucie lui caressait le dos !!!

Lorsque plus personne ne sera là pour nourrir cet animal, complètement apprivoisé semble-t-il, que se passera-t-il  ?  Gardera-t-il son instinct de chasse ? Souhaitons le.

 

A côté d’Akamaru se trouve un petit îlet adorable, Mekiro, habité par un troupeau de chèvres. Nous le visiterons un après-midi ensoleillé. Jane ne l’avait jamais gravi, elle fut  ravie de cette petite grimpette acrobatique ! Nous ferons quelques très belles photos dont un grand angle  réalisé à l’ordinateur par Marc.

 

Deux jours plus tard, Marc décide de retourner à Totegegie pour une  chasse  sur le platier. Nous nous amarrerons au petit port pour deux jours et deux nuits. Dom et DD, les visiteurs du soir, viendront nous  rejoindre avec leur speed-boat en provenance de l’île voisine, Taravaï, pour la virée nocturne

 

 

Ils dormiront dans le hall de l’aéroport sur les chariots à bagages. Au petit matin,  ils viendront boire le café et nous raconteront leur réveil insolite : la tentative de suicide d’un Bernard-l’hermite contre les baies-vitrées de l’aérogare. Résultat de cette déprime : une carapace explosée et un crustacé vexé repartant  chez lui tout nu.

La chasse  sur le platier se déroule les soirs de basse-mer  à l’aide de  moripata (lampes de poche)  parfois défaillantes voire apoplectiques…Jane, un peu agacée, s’en retournera à bord  le premier soir et ne viendra pas le deuxième. Cette nuit-là  Marc ratera une belle langouste mais nous ramènerons finalement six beaux crabes et une seule cigale hélas ! Les repas qui s’en suivirent se passent de commentaires.

 

Nous quitterons Totegegie pour nous rendre sur l’île mère Mangareva où nous avons rendez-vous avec le loueur de (deux) voitures.  L’une est en panne et l’autre occupée. Nous remettons  cette balade au lendemain. Jane et moi, en profitons pour faire une très jolie marche sur le chemin de Kirimiro avec un point de vue exceptionnel sur la baie de Rikitea.

 

Le lendemain, nous ferons  le tour de Mangareva, en 4X4, guidés par Jane et Marc qui connaissent bien l’île et leurs  habitants.  En route, nous ferons un stop chez Linda et Henri, les graveurs de nacre. Jane et Marc récupèreront deux œuvres d’art réalisées par Linda : des coffrets sculptés dans les coquilles d’huîtres perlières de toute beauté !!. Jane m’offrira un joli tour de cou que je porterai immédiatement.

 

Nos amis communs, Roger et Karine du voilier Hydragon, nous inviterons à un repas champêtre au bord du lagon. Karine nous préparera une délicieuse daube accompagnée d’un non moins succulent gratin de polenta. Un déjeuner très gai où nous ferons d’avantage connaissance avec Jacky du voilier Philae. Annie, sa femme, a été évassanée sur Papeete. Il est donc inquiet et nous tenterons de le rassurer et de le distraire.

 

Avec Karine, Roger, Jane et Jean nous partirons le lendemain matin trotter sur le sentier des Douze Apôtres. Une promenade tout en descente (12 virages = 12 apôtres) qui débouche sur une plage de sable blanc et les nuances de bleus et de verts du lagon sous un soleil  magnifique !!! Au retour nous ferons une petite pose chez un couple charmant, Bruno et sa femme. Il  nous contera l’histoire de la statuette,  originaire de Taravaï , retrouvée au musée de Cahors et symbolisant le Dieu de la fertilité dans le panthéon polynésien.

 

La veille de notre départ, Karine et Roger ont accepté de lever l’ancre pour nous faire découvrir l’île de Taravaï et le petit paradis de Dom et DD.  Nous  y passerons une journée et un repas mémorables en compagnie de Simone (la maman de DD) et Mimi (son compagnon).

 

Depuis nous avons appris le départ de Mimi…Nous sommes bien chagrinés de cette nouvelle et pensons très fort à eux.  Nous avons si peu connu Mimi mais tellement apprécié sa gentillesse et son sourire. Qu’il repose en paix au  cimetière de Rikitea.

 

Sur cette île vit aussi un canadien-robinson, aux allures de trappeur, installé sous sa tente en pleine jungle et s’essayant à une vie autarcique.

 

Nous finirons cette dernière journée par un copieux repas à bord de Ratafia.  Puis le lendemain vinrent les adieux sur le quai de Mangareva.  La navette Tokani nous conduira à notre avion et nous quitterons  les Gambier le 03 Février 2006, chargés de citrons verts…

 

Merci à Jane et Marc de nous avoir accueillis à bord au cours de ces dix jours. Merci de m’avoir permis la réalisation d’un vieux rêve, venir à Mangareva en souvenir de mon ancien voilier  Cherenne, construit dans les années 1975/80.  Merci aussi à Lucie et Bertrand de leur accueil  à Akamaru  ainsi qu’à Dom et DD pour la journée passée à Taravaï . Merci à Roger et Karine de nous y avoir conduits avec leur voilier Hydragon . Merci à Jean de nous avoir offert, au snack local, dans une ambiance  locale, un repas local !! !

 

                                                           Annexe

 

 

To Be or not To Be, that is the question ?

 

 

 

Pendant ce séjour, fort enrichissant en découvertes, paysages, rencontres,  une question me revenait souvent à l’esprit :

 Mais quelles sont donc nos priorités ?

 

-         Les capots et les hublots doivent-ils être ouverts ou d’une toute autre couleur ?

-         Doit-on relever l’échelle (des valeurs) ou abaisser les tauds (d’intérêt) d’urgence ?

 

Ne serait-ce pas plutôt la santé ?

 

-         Toubib or not Toubib ?

-         To Bile or not To bile ?

 

Autre question :

 

L’âge  nous turlut’pine-t’il ?

 

      -     L’âge canon’nique : To Bite or not To bite ?

      -     L’âge canon’hic :     To beer or not To beer ?

 

Ou encore :

      -     L’âge(iotage) ?         Non,  laissons cela aux politiques véreux.

-          L’âge(itation) ?        Oui,   sûrement lié à la retraite.

 

 

Amicalement   Domi

 

                                                                          Arue,  le 26 Février 2006

 

A Akamaru, Lucie caresse Annie, la carangue apprivoisée.

 



Article ajouté le 2009-09-16 , consulté 15 fois

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