Les Nouvelles de RATAFIA

Les Nouvelles de RATAFIA

110 : Les Nouvelles de Ratafia light du 10 novembre 2018

Les Nouvelles de RATAFIA n° 110 light

Novembre 2018

 

 

          Les Nouvelles 109 vous laissaient à Arue à la veille de notre départ dans une ambiance polluée... ce n°110 en est la suite : voici un grand bol d'air du large pour vous décrasser des mesquineries...

 

          Première étape : de Tahiti à Toau. 238 milles 433 Km

 

Dimanche 21 octobre...

           9h - nous larguons la bouée où nous avons troqué les restes de la tenue "ponton" pour celle de "voilier"...

          Courageusement, c'est au moteur que nous nous éloignons de la côte où le vent n'est pas encore établi...

           11h - c'est chose faite, un "bon" ENE 20 nds est là et Ratafia besogne sur sa route, au plus près du vent sous trinquette et voile réduite. Un peu dur pour un décollage !

          Le but n'est pas défini, mais dans les Tuamotu quand-même... Un cap idéal serait entre 80° et 60° au minimum...on fait du 50...

          21h -le vent est devenu variable et plus faible sauf sous les grains de plus en plus nombreux...Le moteur nous assure un cap favorable.

          Dans la nuit, sous un bon grain bien pluvieux... bip bip d'alarme: le pilote annonce: " Erreur commande de barre. Couper et vérifier. Vérifier les commandes du groupe".

Merde, merde et super merde !!! Autant je me sens à l'aise en mécanique, voire électromécanique, autant je suis désemparé devant l'électronique...

 

Lundi 17...

          Je vous fais grâce des différentes manœuvres tentées sans résultat... Par la suite, au calme je trouverai la cause initiale : lorsque j'ai démonté le vérin à vis pour le huiler, j'ai insuffisamment bloqué la rotule qui transmet le mouvement au safran. Elle s'est dévissée.... et avec ses différentes tentatives, le mec qui n'y connait rien a sans doute déprogrammé la commande du compas !

Le "petit" pilote Raymarine ST 1000, prévu en secours, est mis au travail. Son réglage, fait au calme du port, se révèle imparfait : il faut le relayer parfois, mais cela ira jusqu'à la premières escale possible.

          Dans la nuit nous avons rattrapé les feux d'un autre voilier, c'est Rangiroa le catamaran de nos amis Jean-Paul et Andrée connus depuis 6 ans.

Ils ont un problème sérieux : le chariot de la têtière de grand-voile a rendu l'âme. Ils ne peuvent plus  l'amener complètement, heureusement qu'elle n'était pas haute... et comme un "bonheur" n'arrive jamais seul, au bout de quelques heures c'est leur enrouleur qui est bloqué !

          Décision commune: la première baie possible est l'Anse Amyot sur Toau.

 

Mardi 18...

          A 10h, Neptune nous envoie un lot de consolation : un très beau thazard monte à bord...

A 11h, nous mouillons près de la perche verte à droite en rentrant.

          Par le passé nous sommes souvent venus dans cette anse magnifiquement placée sur la route des Marquises. A l'époque, Rose et Taupiri y régnaient en maitres et entretenaient un certain nombre de corps-morts... Rose est à Tahiti depuis que Taupiri n'est plus... Valentine, sa sœur, prélève une dîme sur les corps-morts mais ils ne sont qu'irrégulièrement entretenus... Vous savez mon mauvais caractère, mes relations avec Valentine se sont dégradées et je préfère ne pas avoir à rediscuter ni de Dieu ni de son rôle de prêtresse auto proclamée... d'où la décision d'utiliser mon ancre plutôt que de  prendre une bouée "incertaine".

 

          Rangiroa arrive en fin d'après-midi. Il mouille derrière nous.

- Premier travail : affaler la Grand-voile. Pour cela Jean-Paul doit monter dans le mât pour débloquer les restes du chariot et libérer la toile !

- Deuxième travail : finir de rouler le foc, pour l'amener afin de démonter le tambour de l'enrouleur où se situe la panne. Là je suis bien meilleur qu'en informatique !!!

Voilà Rangiroa en ordre pour la nuit. On peut passer aux choses sérieuses :

- Troisième travail : Fêter les joyeuses retrouvailles autour d'un sashimi de thazard sur Rangiroa !

 

Mercredi 24...

          Autopsie de l'enrouleur et diagnostic : c'est grave, il faudra démonter l'étai pour comprendre l'origine de la panne et réparer (Un couplet technique avec photos viendra plus tard).

Pour ce faire, je propose un mouillage plus calme dans le lagon de Toau. Nous nous y rendrons dès demain.

 

Jeudi 25...

          Entrés par la petite passe de Fakatauna, sans difficulté malgré sa réputation. Mouillage de rêve déjà fréquenté en 2016 (voir Nouvelles 88).

Préparation du travail de demain.

 

Vendredi 26...

          Dans la journée, l'étai est descendu. Sachant que le mât d'un catamaran est tenu par 3 points, vous comprenez qu'en enlever un suppose une bonne préparation !

La réparation se fait un peu plus lentement que prévu, mais elle se fait, et à la nuit tombée tout est fonctionnel.

 

Samedi 27 à mardi 30...

          Stationnement dans ce merveilleux mouillage... Nous y attendions un peu "Quille 2 Joie", le téléphone... nous dira qu'il est arrivé à Tikehau qui était son projet. Oui oui, il y a bien un réseau pour personne puisque le village de Maragai qui était à proximité est abandonné. Seuls utilisateurs : les quelques habitants de l'Anse Amyot, au bout du lagon.

 

Mercredi 31octobre au vendredi 2 novembre...

          Tout le temps de notre séjour "réparateur", le vent est resté sagement au N à NE dans le mouillage de Maragai. Il aurait été favorable pour la route mais le vent vu ici ne correspondait pas aux prévisions... et puis nous étions si bien...

Ce mercredi une rotation au SE est prévue, alors, comme il y a 2 ans, direction l'îlot de Makomako

où nous resterons en attendant que le vent devienne plus favorable pour faire route vers Tahanea ou mieux vers Hao.

 

          Deuxième étape : de Toau à Hao.  432 milles- 786 Km

 

Samedi 3 novembre...

          Le coefficient de marées est de 98, les courants dans la passe sont importants et il faut "être poli avec eux" !  Cela implique que nous traversions le lagon très tôt... Navigation attentive car il y a des "patates" à fleur d'eau.

          A 7h30 nous sommes sortis. Un petit peu de moteur puis grand beau et vent léger de NE au travers environ 10nds... le pied !

... Sauf que cela ne durera pas et les grains arrivent avec leur lot de surventes et de pluie...

 

Dimanche 4 novembre...

          Sous son vent, nous longeons Makemo. Avantage, la mer est moins formée. Comme prévu, le  vent refuse petit à petit et nous ne pouvons pas passer au vent de Marutea. Il faut choisir. Cap au N. le ciel s'est un peu dégagé. Nuit sans gros grain mais le vent refuse de plus en plus. Bien qu'ayant tiré un long contre-bord, nous passerons assez près de Marutea. Vive le radar qui, dans l'obscurité, confirme la position à une distance raisonnable de la côte !

 

Lundi 5...

          Dans la nuit la trinquette est de sortie... Cela facilitera le virement de bord pour éviter Hikueru... Au jour nous revirons sous l'abri de Tekokota... Visite de bien des atolls que nous n'avions jamais vus d'aussi près !

          La journée se passera relativement bien, sauf que c'est du près serré.

Vers 16h nous revirons dans la baie au nord de Marokau et là, surprise ! Ratafia bute maintenant dans un clapot court et cassant. Il barbote et je dois renvoyer du génois pour avoir un peu de puissance. Le bateau, très gîté, cogne et bourre dans la vague. Confort devenu inexistant. Avec beaucoup de courage Jane, qui souffre au près, arrive à nous bricoler un casse-croute...

          Nuit pénible, sommeil symbolique car le radar voit trop de grains... nous qui un temps lui avons reproché de ne pas les voir... Vanitates vanitatum...

 

Mardi 6...

          En fin de nuit un grain énorme est devant nous... A virer même si l'atoll de Tauere est encore assez loin devant. Le vent s'est établi à ESE... exactement pile dans le nez.

Les courants dans la passe de Hao sont parmi les plus forts : 23 nds de courant y ont été enregistrés.

Avec un coefficient de marée de 101, même si je sais où tricher, il ne faut pas plaisanter... quand à passer une 4ème nuit en mer... Alors moteur, et fort. Ratafia, devenu "motor-yacht", passe avec force éclaboussures, il se couvrira rapidement d'une belle couche de sel !

          Par rapport à mes calculs, nous avons 1 heure de retard quand nous embouquons la passe... Bonne surprise : un courant de 4 nds est encore entrant... Ouf !

 

          A 16h nous sommes mouillés dans la darse ex-militaire. petite toilette et au lit !

          Je dormirai près de 12h avant que ma vessie ne proteste trop !!!!

 

Et maintenant...

          Vous le comprendrez facilement... on attend que le vent mollisse et tourne !

 

Mauvaise surprise : le réseau téléphonique local est défaillant. Appeler Tahiti pratiquement impossible... Impensable de se connecter à Internet.

 

Grâce à Frédérique que je remercie chaleureusement, et avec Sailmail je peux vous envoyer ce récit.

Les photos et autres plans suivront... quand la modernité sera une réalité pour nous !

 

 

Hao 16°05.9 S / 140°54.7 W

Bises et amitiés

Jane & Marc



10/11/2018
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